Ils sont français, polonais, malgaches ou ukrainiens et embarquent sur nos grands bateaux-usines pour servir dans nos assiettes et sur nos meilleures tables les produits de leurs longues campagnes de pêche. Des 40ème rugissants dans les mers australes aux berges inhospitalières du Spietzberg en mer de Barents, ces « laboureurs des mers » restent peu connus du grand public. Le marin ne s’ouvre pas facilement, la mer est difficile d’accès et bien rares sont les hommes de lettres à poser leurs sacs à bord de ces grands bateaux hauturiers. Ceci explique en partie la rareté des écrits et images publiées sur ces grands bateaux de travail. Certes, la vie et le travail des marins-pêcheurs sont durs et austère, et les marées interminables, personne ne le conteste. Vous découvrirez des visages marqués par la dureté du travail mais ne les comparez pas à des bagnards des temps modernes, ce serait méconnaître leur fierté et l’amour qu’ils portent à leur travail-passion. La période ne leur est pas favorable, certaines pêches irraisonnées et mal gérées les font montrer du doigt. L’onde de choc du développement durable et la vague verte sont passés par là. Les bateaux sont désarmés par dizaines, voire par centaines et détruits à coup de pelleteuses sur des bords de quais déserts et devenus inutiles. La « grande pêche » se mesure sans honneur et sans gloire avec tous les drames qu’engendrent ce désastre humain. Ces quelques images relatent plusieurs mois d’embarquements sur nos navires-usines. Elles tentent de raconter le plus fidèlement possible, l’âme de ces grands bateaux et des hommes qui y vivent et y travaillent. LES BATEAUX - Le « GRAND HERMINE » capitaine Pascal Verdière, dernier morutier français en Pêche en mer de Barents et mer de Norvège. - Le « JOSEPH ROTY II », capitaine René Fiquet, ancien bateau terre – neuva et plus grand chalutier pélagique français, pêchant le merlan bleu en mer d’Irlande et d’Ecosse. - Les palangriers « ILE DE LA REUNION » et « CROIX DU SUD » capitaine Michel Le Glatin, pêchant la légine entre 500 m et 4.000 mètres de fond dans les mers australes entre les îles Kerguelen et Crozet. - Le chalutier Concarnois « ERIC VINCENT » Capitaine Jean – Français Lancien, tirant inlassablement son chalut de fond en mer d’Irlande. Marcel MOCHET |