Le tour du monde en solitaire et sans escale par le Cap Horn, c'était mon rêve d'adolescent. Il m' a fallu trente ans pour surmonter la peur, et concentrer toutes mes ressources et toute mon énergie à sa réalisation. Je suis parti sur un petit cotre de 9,70 mètres car je n'avais pas les moyens de voir plus grand. Il m'a fallu penser de manière cohérente à l'eau, à la nourriture, et à l'énergie, et il fallait que tout cela trouve sa place à bord. Alors, l'énergie solaire s'est rapidement révélée comme étant la solution la plus logique. Ainsi, avec très peu d'équipements, je me suis donné les moyens de réaliser un tour du monde sans énergie fossile. Egalement, je pense que l'utilisation souple des forces naturelles est une caractéristique fondamentale de la navigation à la voile. Cet aspect sensitif est pour moi une motivation prioritaire. Aussi je considère qu'il faut limiter l'épaisseur des interfaces entre la nature et l'homme, et se contenter des instruments indispensables. Si cette expérience peut devenir un exemple réussi d'autonomie énergétique, alors mon périple aura servi la cause des changements nécessaires à l'avenir équilibré de notre planète. Ce tour du monde a duré sept mois pendant lesquels j'ai vécu la plus fabuleuse des libertés: celle de pouvoir diriger sa vie au milieu du plus merveilleux spectacle qui soit : celui de la mer. J'ai voulu rapporter des images, et je m'y suis appliqué... Lorsque le temps le permettait ! Jacques Riguidel |