Festival Photo de Mer 2009 - Vannes Vous recherchez


 

  Jardin des Remparts

    Erwan Quéméré, héritier de Beken

 

 

© Erwan Quéméré

C’était le 11 juin 1998. A Land’s End, (la fin de la terre, finistère…), en Cornouailles anglaise, lors d’une promenade, Erwan Quéméré saisit cette silhouette sombre qui, entre deux rochers, lui tourne le dos et entre dans la lumière. Ce sera la dernière photo de son ami Eric Tabarly, disparu en mer moins de trente heures plus tard.

Elle apparaît aujourd’hui comme un signe du destin. Un très beau portrait dans le soleil couchant exprime un autre adieu au grand navigateur. Il a été pris à Saint-Tropez où, grâce à Erwan Quéméré, Eric Tabarly a pu monter à bord de beaux voiliers dont lui-même, trop timide, n’aurait pas osé demander l’accès.

On ne peut s’empêcher d’être ému par ce double hommage, un des moments forts d’une sélection qu’Erwan Quéméré a voulue éclectique car rien de ce qui concerne la mer ne le laisse indifférent. On pourrait dire qu’il lui a consacré plusieurs vies, tant son parcours et son œuvre la célèbrent dans sa diversité. Il porte son regard aussi bien sur les plaisanciers adeptes du yachting que sur les hommes qui vivent de la mer, marins pêcheurs, goémoniers …

Aux premiers sera dédiée sa photo préférée qui montre, en rade de Brest, à l’occasion du rassemblement des vieux gréements, l’ombre immense d’un trois-mâts projetée tout à côté d’un petit voilier. Un exploit à double titre : le photographe sortait de l’hôpital où on lui avait interdit la moindre vibration quand il est monté en hélico pour survoler la parade. Et il a su, parmi les milliers de bateaux, repérer, capter cette image symbolique. Détermination, réflexe de prédateur…

Les chasses à la photo d’Erwan Quéméré s’appuient sur une fascination pour l’univers marin qui n’exclut pas une certaine nostalgie. Parmi les photos choisies, il en est qui témoignent de modes de vie ou de manières de naviguer aujourd’hui tombées en désuétude. Leur auteur avoue un faible pour une image qui le fait rêver : à Aveiro, au Portugal, le vieux bateau qui récoltait le goémon, orné de peintures à demi effacées, n’a plus le droit de naviguer ; échoué dans la lagune, il reste tourné vers le large.

 

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