Festival Photo de Mer 2009 - Vannes Vous recherchez


 

    Le Kiosque Culturel

 Hommage à Edouard Boubat

 

 

© Edouard Boubat

Dix ans après

A Michel Tournier qui l'observe longuement arrêté devant un paysage de Camargue, il révèle : « J'attends que la photo s'organise.» Et le tableau s'anime, tout se met en place comme par magie. C'est ainsi, il y a toujours de la magie dans les images d'Edouard Boubat. Il sait attendre qu'elle se révèle puis, émerveillé, la cueillir du bout des doigts. Pour ce maître de l'école humaniste, la vie est là, simple et tranquille... « Boubat, commente Jean-Luc Monterosso, était un photographe en état de réceptivité.» En cinquante ans de photographie, son œuvre, commencée après la Seconde Guerre Mondiale, déroule bientôt les chroniques de l'harmonie à travers le monde. «On ne peut rencontrer, écrivait-il dans ses carnets, que ce qu'on est préparé à voir.» Lui, c'était la grâce qu'il voyait, qu'il nous donne à voir. Dans la monographie que lui ont consacrée son fils Bernard Boubat et Geneviève Anhoury aux Editions de La Martinière, ses propres écrits viennent en regard de ses images. Le poète s'est éteint mais, dix ans après sa mort, la mer n'a pas effacé ses pas...

                                                                                   

Rivages

« Le long de la plage
aux rives du Gange
du Nil au Mississippi
après une longue route
on découvre l'OUVERT.
L'amoureux de la lumière
s'accorde avec le signe
de l'infini : ∞.
L'homme libre devant la mer
se prend au jeu
des vagues et des nuages.
Il participe à la rencontre
du proche et du lointain
du motif et du fond du tableau.
Le présent devient un éternel rivage.

 

On embarque pour l'inconnu
On laisse à quai
passé et devenir.
« La mer allée avec le soleil.»
Rivage devient marge,
passage pour un autre monde ?
Le poète, l'artiste, le sage
nous invitent au passage
du visible vers l'autre rive.
Le bateau apparaît puis
s'efface à l'horizon.
J'invente l'espace.
On prendra le dernier bateau.
La mer efface nos pas. »

Edouard Boubat -
Extrait de « Rivages », 1994

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