 © Edouard Boubat | Dix ans après A Michel Tournier qui l'observe longuement arrêté devant un paysage de Camargue, il révèle : « J'attends que la photo s'organise.» Et le tableau s'anime, tout se met en place comme par magie. C'est ainsi, il y a toujours de la magie dans les images d'Edouard Boubat. Il sait attendre qu'elle se révèle puis, émerveillé, la cueillir du bout des doigts. Pour ce maître de l'école humaniste, la vie est là, simple et tranquille... « Boubat, commente Jean-Luc Monterosso, était un photographe en état de réceptivité.» En cinquante ans de photographie, son œuvre, commencée après la Seconde Guerre Mondiale, déroule bientôt les chroniques de l'harmonie à travers le monde. «On ne peut rencontrer, écrivait-il dans ses carnets, que ce qu'on est préparé à voir.» Lui, c'était la grâce qu'il voyait, qu'il nous donne à voir. Dans la monographie que lui ont consacrée son fils Bernard Boubat et Geneviève Anhoury aux Editions de La Martinière, ses propres écrits viennent en regard de ses images. Le poète s'est éteint mais, dix ans après sa mort, la mer n'a pas effacé ses pas... |