 © Guillaume Plisson
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| Mais quelle idée de vouloir photographier les bateaux lorsqu'on peut naviguer dessus ? Guillaume Plisson saura répondre à cette question. Si vous l'entreprenez, il expliquera sereinement, l'air légèrement rêveur, qu'un bord de près est un plaisir intense mais éphémère. Une photo dure. Peut-être pas une éternité mais pas loin. L'image de Tuiga au bon plein dans une mer qui commence à blanchir saura transcender des milliers de spectateurs, qui n'auraient, même, jamais eu l'idée d'embarquer. Tuiga, classic yacht lancé en 1909, fût imaginé par William Fife, à la demande du Duc de Medinacelli, un ami proche du Roi d'Espagne Alphonse XIII. Il est désormais le joyau du Yacht Club de Monaco et le sujet régulier de Guillaume Plisson. Au mois de septembre, ce photographe beaucoup plus fantasque que son image de gendre idéal ne le laisserait penser, part en transhumance pour un voyage initiatique immuable. Les Régates Royales de Cannes, les Voiles de Saint-Tropez et la Classic Week de Monaco, trois évènements qui forgent la légende des voiliers de tradition et réunissent les amoureux de la chose. Pour Guillaume, un réservoir inépuisable afin de construire ses images au style inimitable. A bien les regarder, vous y trouverez toujours un détail qui devient le cœur de la photo, sa raison d'être. Rien n'est gratuit dans la photo de ce conteur visuel. En hélicoptère, avec ses amis Michel de Rosinsky dans le Sud ou Thierry Leygnac en Bretagne, sur un tender ou carrément à la proue des voiliers, Guillaume Plisson n'appuie pas sur un déclencheur, il raconte une histoire à nulle autre pareille. Celle de la marine, des voiliers de légende, des hommes aux mains burinées par le sel mais aussi celle de la poésie qui se raconte en chuchotant au creux des spis qui s'affalent dans une allégresse déconcertante. Perfectionniste ? Certainement et un peu plus. Les gens qui travaillent avec lui peuvent le certifier, lorsqu'il a une idée en tête, Guillaume travaillera toute la nuit, reposera le problème dans tous les sens, mais arrivera au résultat qu'il désire. Alors pour ses tirages, il ne peut faire autrement que de les générer lui-même. Membre du comité fondateur de la Digigraphie, il a posé les pierres de l'impression numérique aux possibilités infinies. Pour « La Mer en Images », il a décidé d'utiliser une technique sans solvant pour proposer aux visiteurs un tirage respectueux de l'environnement. Un détail ? Sûrement, mais essentiel dans la philosophie de ce Peter Pan qui refuse de grandir ailleurs qu'entre mer et ciel. Benoît Baume |